Le bal des monstres

Ninon : Hélas ! Anne d'Autriche est morte.
La Reine mère nous a quitté dans d'atroces souffrances.
courtisane 1 : Les célébrations du deuil étaient très réussies.
Ninon : Voyons Madame, un peu de respect !
courtisane 1 Du respect ? pourtant sous ses larmes, le Roi exulte
Oui mesdames, le voici libre de vivre et de régner comme il l'entend
Ninon : Libre ? Mais vous oubliez Madame de Montespan !
Echange mère contre maîtresse.
La belle marquise triomphe à la Cour, son emprise est totale.
courtisane 2 : Mais que dit l'épouse ? L'épouse légitime il s'entend ?
Ninon : Elle en prend son parti et notre Louis en profite.
Il collectionne les passades, les histoires d'un jour, et je n'en suis pas !
Ce qui est fort regrettable.
courtisane 1 : La Montespan ne montre rien, mais on dit qu'elle en est dévorée de jalousie !
courtisane 3 : Tant mieux, elle mérite de souffrir !
Ninon : Madame, tant de haine !!! Seriez-vous amoureuse de sa Majesté ?
courtisane 3 : Mais enfin, voilà une femme qui entre au service de la Reine, devient la favorite du Roi, et abandonne sur le champ mari et enfants !
Françoise d'Aubigné : Ne la jugez pas, elle aime le Roi, et l'amour peut faire perdre la raison.
Ninon : Oh ! Vous parlez d'amour, Françoise ! Vous qui n'aimez pas.
Depuis la mort de notre pauvre Scarron, on ne vous a jamais vu avec un homme.
Françoise d'Aubigné : Je fais confiance à Dieu, j'attends mon heure.
Ninon : Sainte Françoise !

La Voisin : J'en appelle à Samaël, Prince des abîmes !
Qu'il accorde à Athénaïs, Marquise de Montespan, l'entière jouissance
et la possession du corps et de l'esprit de Louis Dieudonné, Roi de France.

Montespan : Oh mon Dieu !

La Voisin : Malheureuse !!!
N'invoquez jamais ce nom ici, vous allez gâter les effets du filtre...
Mais enfin, savez-vous vraiment ce que vous voulez ?

Montespan : Sans détour, La Voisin !
Je veux que Louis ne regarde aucune autre femme, et qu'il m'aime de toute sa personne.

La Voisin : Ah ah ah ! Ma belle dame, le corps et l'esprit ne sont pas le c½ur !
Comme toutes celles qui viennent me trouver, vous exigez l'amour absolu. Or mon filtre ne vous accordera de l'être aimé que la dépendance à votre présence... à moins que...

Montespan : Oh dîtes ! Je suis prête à payer le prix qu'il faudra !

La Voisin : Il ne s'agit pas seulement d'argent, Madame !
Il nous faudra invoquer...

Montespan : Les démons... le Diable !!!

La Voisin : Ah ah ah ! Comme vous y allez !
On ne dérange pas Satan, même pour la maîtresse du Roi.
Il s'invite...
Etes-vous prête au grand sacrifice, à vivre les mystères du sabbat ?

Montespan : Une messe noire...

La Voisin : Chut ! Parlez plus bas, il nous écoute...

Montespan : Oh non jamais ! Ça jamais ! Que Dieu me pardonne !
Donnez-moi ce filtre !

La Voisin : Donnez moi ceci

Montespan : Adieu...

La Voisin : Adieu ma princesse, vous y reviendrez !
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# Posted on Wednesday, 10 December 2008 at 7:33 AM

Edited on Wednesday, 10 December 2008 at 2:17 PM

Entre ciel et terre

FRANCOISE D'AUBIGNE : Ninon, me direz vous ce que signifie tout ce mystère ?
NINON DE L'ENCLOS : Françoise, ma belle amie, les portes du destin s'ouvrent enfin toute grande, vous n'attendrez plus longtemps
FRANCOISE D'AUBIGNE : Cessez vous de parler par énigme !
MONTESPAN : Oh mes dames, je suis bien aise de vous trouvez ici. Ninon, je vous remercie d'avoir répondu si promptement à ma demande
NINON DE L'ENCLOS : Ma chère, voici Françoise d'Aubigné, veuve de Scarron ! Son dévouement et sa discrétion vous assureront...
MONTESPAN : Le temps presse... Madame, l'enfant du Roi que je porte devra naître dans le secret et ne pourra vivre à la cour, acceptez vous de prendre la charge de son éducation ?
FRANCOISE D'AUBIGNE : Oh Madame, je ne sais si je suis digne d'une telle confiance de votre part, de plus, je n'ai ni logement ni...
MONTESPAN : Ne vous inquiétez de rien ! Sa Majesté veillera à tout et vous serez largement dédommagé... Acceptez vous ?
NINON DE L'ENCLOS : Françoise, ne soyez pas sotte
FRANCOISE D'AUBIGNE : Pour vous plaire Madame, et plaire à sa Majesté, j'accepte
MONTESPAN : Alors tenez vous prête, je vous ferai quérir le temps venu.
NINON DE L'ENCLOS : N'avais-je pas raison ? Vous voici un pied à la cour !

LOUIS XIV : Messieurs, cette fête marquera la victoire sur nos ennemis et le retour de la paix en Europe. Je veux qu'elle est lieu à Versailles et qu'elle soit la plus magnifique de toute
MONTESPAN : Pour votre gloire sir, et celle de votre royaume !
LOUIS XIV : Pour vous ma tendre amie, elle célèbrera notre amour au monde entier !
MOLIERE : Sir, je vous propose comme titre : Le Grand Divertissement Royal
LOUIS XIV : Bien ! Cela me va. Et quel en sera le programme Monsieur Molière ?
MOLIERE : En une seule journée sir, tout d'abord, un grand ballet : Bacchus, les fêtes de l'amour, puis, ma dernière comédie : Gorges d'Andin dont Monsieur Lully écrira la musique, et enfin, féerie des eaux et feux d'artifices !
LOUIS XIV : Bien, très bien !
MOLIERE : Sir, nous construirons un théâtre dans le parc du château, pour cela nous devrons procéder à quelques travaux d'agrandissement : tenez, ici, et là, enfin, si Monsieur Colbert nous y autorise !
COLBERT : Votre Majesté ! Le coût de cette fête se monte déjà à 150 000 livres et la construction du château lui-même ruine les finances de l'Etat !
LOUIS XIV : Colbert, Versailles sera le symbole de notre puissance pour les siècles à venir, il sera le rayonnement de la France et rapportera au pays bien plus qu'il n'aura coûté...
COLBERT : Votre Majesté, les ouvriers travaillent jours et nuits, ils sont décimés par la malaria, nous risquons la révolte ! Et mes agents me rapportent que votre cousin Beaufort n'est pas étranger à cette agitation
MONTESPAN : Evidemment sir, vous lui avez pardonné la Fronde et il continue à vous trahir
LOUIS XIV : Vous avez raison Madame. Colbert ! Faites le arrêter ! Qu'on me le présente sur le champ !

En vouloir à la terre entière
Et vouloir malgré tout
Rester debout,

Couchés sur des parvis de pierre,
Qui pense encore à nous,
Quand on est loin de tout,

Un pont entre ciel et terre,
Entre vous et nous,
Un chemin à peine ouvert,
Un lien,
Malgré les barrières
Qui ne tient qu'à nous
Un voyage
Qu'on pourrait faire,

Est-ce qu'on tous
Des ennemis
L'un envers l'autre éteint
Et démuni,

Même si ça nous parait loin
Même si tout est gris,
Je veux garder l'envie

D'un pont,
Entre ciel et terre,
Entre vous et nous
Un chemin juste en lisière,
Un lien,
Malgré les barrières
Qui ne tient qu'à nous
Un voyage
Qu'on saurait faire,

Un voyage presque ordinaire

Désirer la terre entière,
Et devoir malgré soi
Rester en bas,

Si chacun prenait sa part
Faisait le nécessaire
Sans nous mettre à l'écart

D'un pas, entre ciel et terre,
Entre vous et nous,
Un chemin qui s'est ouvert,
Un lien,
Malgré les barrières
Qui ne tient qu'à nous
Un voyage
Qui faudrait faire,
Un voyage presque ordinaire ...

# Posted on Wednesday, 10 December 2008 at 2:21 PM

Edited on Thursday, 11 December 2008 at 12:19 PM

alors d' accord

MONTESPAN : Aïe ! Mais faites donc attention pauvre idiote ! Vous me faites mal ! Donnez moi cette brosse !
LA FEMME DE CHAMBRE : Je suis désolé Madame
MONTESPAN : Vous ! Aidez moi à cacher ces rides, il ne faut surtout pas que sa Majesté les voit, allez poudrez ! Allez poudrez ! Oh mais quelle maladroite ! Laissez moi faire. Toujours paraître, plaire, distraire... voilà Madame Scarron ce qu'est la vie de la favorite du Roi. Parfois je vous envie Françoise, votre vie est simple, Dieu et les enfants sont vos seules préoccupations. A propos, le Duc est-il près ? Car ce soir nous allons veillez à la cour !
FRANCOISE D'AUBIGNE : Madame, votre fils revient de cure, sa jambe le fait encore souffrir et sa fatigue est extrême, il serait sage de la laisser dormir
MONTESPAN : Laissez moi juge de ce qui est sage pour mon fils, Madame Scarron...
FRANCOISE D'AUBIGNE : Et moi je tiens que la place de votre fils, fut-il prince de sang, n'est pas le soir dans les mondanité de la cour mais au repos, couché dans son lit comme tout enfant de son âge
MONTESPAN : Madame, ce soir le Duc paraîtra aux yeux de tous accompagnant son père et sa mère
FRANCOISE D'AUBIGNE : Mais vous allez l'épuiser !
MONTESPAN : Mais s'en ai trop ! Taisez vous ! Mais non pas vous, continuez... Voyez donc cette femme, née de nulle part, veuve d'un poète paralytique sans le sou, que J'AI tiré de la misère, et qui vient maintenant me donner des leçons. Madame Scarron, ici vous n'êtes que gouvernante, et par la volonté du Roi, ne l'oubliez pas ! Un mot de moi à sa Majesté et vous retournerez à vos salons de provinces, ou plutôt dans un couvent, vous confire en dévotion. Allez préparer mon fils !
FRANCOISE D'AUBIGNE : Sir, pour le service de Madame de Montespan permettez moi de me retirez
LOUIS XIV : Je vous en prie, Madame de Maintenon
FRANCOISE D'AUBIGNE : Madame de Maintenon ? Oh Sir ! Je vous remercie !
MONTESPAN : Madame de Maintenon ? Vous l'avez appelé Madame de Maintenon ? Vous me désavouez à ce point ? Jamais je n'aurais cru.
LOUIS XIV : Madame je vous en prie. Calmez vous
MONTESPAN : Me calmez ? Mais mon ami ne vous privez pas ! Anoblissez cette femme, installez la à la cour ! Alors qu'à tout moment elle se joue de mon autorité ! Et cherche à m'humiliez !
LOUIS XIV : Madame, je tiens à conservez Madame de Maintenon auprès de notre fils, je suis content de ses services et je suis convaincu qu'ayant retrouvez vos esprits vous en conviendrez avec moi, en lui conférant ce titre et cette terre, je tenais simplement à lui montrer notre gratitude.

e sais qu'un jour
Ton tour viendra
Ne t'inquiète pas
Personne n'est condamné,
Fils de rien ou fils de roi
Où tu seras, je serai à tes côtés.

Il y a toujours cet ange
Au fond de toi,
Où tu iras, prêt à te consoler

Alors d'accord
Qu'un rien ne gâche ta vie
Ca n'en vaut pas la peine
C'est l'amour qui t'emmène
Alors d'accord
Qu'une danse te fasse envie
Sache qu'on en sort grandi
D'oser le premier pas

Au clair obscur d'un château
Les fées t'avaient aussi tourné le dos
Ne te résous jamais à t'oublier
Il te faudra apprendre à exister

Alors d'accord
Qu'un rien ne gâche ta vie
Ca n'en vaut pas la peine
C'est l'amour qui t'emmène
Alors d'accord
Qu'une danse te fasse envie
Sache qu'on en sort grandi
D'oser le premier pas

Alors
Va où ça te dit
Alors
Fais ce que tu dois.

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# Posted on Wednesday, 10 December 2008 at 2:30 PM

Edited on Friday, 12 December 2008 at 12:45 PM

J' en appelle

LOUIS XIV : Enfin Monsieur vous voici ! Est-ce donc à un jeune prince de faire attendre le Roi ?
MADAME DE MAINTENON : Votre Majesté, veuillez nous pardonnez ce retard. Allez mi-mignon, c'est à vous maintenant
DUC DE MAINE : Sir, respectez l'humble et respectueux hommage, d'un fils hier encore inconsolable et aujourd'hui, ravi de retrouver le père chéri auquel la maladie l'avait si cruellement arraché
LOUIS XIV : Voilà un joli compliment mon fils, il est fort bien dit, j'en suis touché et fier. Quelle muse vous l'a donc inspiré ?
DUC DE MAINE : Sir, c'est une dame auprès de moi, qui est la douceur et la bonté même.
LOUIS XIV : Je vois
MADAME DE MAINTENON : Monsieur, montrez encore à votre père les progrès que nous avons faits...Oh mon petit !
MONTESPAN : Laissez cet enfant pauvre insensée ! Il est malade et vous vous moquez de ses souffrances !
LOUIS XIV : Madame !
MONTESPAN : Non sir, je ne permettrais pas que notre fils soit ainsi le jouet de cette femme. Oh mon tendre, mon petit... ne pleurez plus, votre maman est là ! Oh, comme vous êtes beau avec vos habits, vos cousins vont être jaloux ce soir ! Venez...
LOUIS XIV : Madame, je vous suis infiniment reconnaissant du soin et de la tendresse que vous donnez au service de mon fils
MADAME DE MAINTENON : Sir, je dois tout à votre Majesté
LOUIS XIV : Vous ne devez rien qu'à vous-même, a votre dévouement, votre douceur, vous savez bien aimer madame, comme il y aurait du plaisir d'être aimé de vous... Me promettez vous de ne jamais vous quitter ?
MADAME DE MAINTENON : Tant qu'il plairait à votre Majesté, je veillerai sur les siens
LOUIS XIV : Mais veillerez vous sur moi ?
MADAME DE MAINTENON : Sir !
LOUIS XIV : Je n'exige rien Madame, je vous en prie seulement

Donne moi puissance et gloire
Qu'elles viennent de la lumière ou du noir
Donne moi force et pouvoir
Et prend tout ce que tu peux avoir
Amen

J'en appelle aux forces de l'univers
J'en appelle au ventre de la terre
J'en appelle aux astres et leurs mystères
Je m'en remets à toi
Je m'en remets à toi

Donne moi d'autres croyances
Qu'elles raniment les cendres de l'espérance
Donne moi une autre chance
Apprends moi quoi répondre au silence
Amen

J'en appelle aux forces de l'univers
J'en appelle au ventre de la terre
J'en appelle aux astres et leurs mystères
Je m'en remets à toi
Je m'en remets à toi

Je m'en remets à toi

Donne moi d'autres croyances
Qu'elles raniment les cendres de l'espérance
Donne moi une autre chance
Apprends moi quoi répondre au silence
Amen

J'en appelle aux forces de l'univers
J'en appelle au ventre de la terre
J'en appelle aux astres et leurs mystères
Je m'en remets à toi


Incantation de La Voisin :
Je donne le sang d'un calice pour qu'un seul de mes v½ux s'accomplisse, je donne l'innocence d'un fils et toutes les prières, toutes les prières en sacrifice

J'en appelle aux forces de l'univers
J'en appelle au ventre de la terre
J'en appelle aux astres et leurs mystères
Je m'en remets à toi
J'en appelle

# Posted on Tuesday, 16 December 2008 at 8:35 AM

L'arrestation de Madame de Montespan

LOUIS XIV : Maintenant messieurs, je vous prie de nous laissez seuls. Monsieur Colbert, restez. Vous, ainsi Madame vous m'avez trahi et doublement
MONTESPAN : Sir, je suis coupable puisque vous le croyez mais je ne vous ai pas trahi
LOUIS XIV : Pour tout madame, non seulement vous vous êtes livré au culte de Satan pour me réduire à vos désordres mais vous avez aussi nourri le projet de m'empoisonner !
MONTESPAN:Jamais je n'ai voulu cela ! Ce ne sont que calomnies !
LOUIS XIV : Tous ces témoignages sont accablants ! La propre fille de l'empoisonneuse La Voisin vous a vu acheter ma vie et celles des pauvres innocentes dont vous étiez jalouse !
MONTESPAN : Mensonge ! Elle a mentie sous la torture des juges et du bourreau !
LOUIS XIV : De la justice du Roi madame celle de Dieu ! Et pour comble de tout, avec vos complices, vous étiez prête à sacrifier la vie un enfant !
MONTESPAN : Non pas l'enfant sir, je ne savais pas !
LOUIS XIV : Il suffit ! Je ne peux plus vous croire et je ne veux plus vous entendre !
MONTESPAN : Sir... Je n'ai d'autres défenses que l'amour que je vous porte. Et si j'ai péché je ne regrette rien. Ma seule douleur est d'avoir perdu le votre. Sir...
LOUIS XIV : Au nom de nos enfants Madame, je vous garde à la cour. Mais je vous demande désormais de respectez ma personne et d'observer la plus grande réserve a mon égard... Adieu. Colbert, je veux que l'on garde secret ce qui s'est passé cette nuit. Personne ne doit savoir.
COLBERT : Il en sera fait selon vos ordres


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# Posted on Tuesday, 16 December 2008 at 8:38 AM